Une glorieuse épopée revendicatrice.

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Une glorieuse épopée revendicatrice.

Message  Jazairi le Jeu 10 Avr - 14:00

L’ÉQUIPE DU FLN FÊTE SON CINQUANTENAIRE

Il s’agissait de joueurs qui avaient abandonné argent et renommée au nom d’une cause qu’ils estimaient plus juste.

50 années de grandeur et de faits écrits en lettres d’or. L’Algérie pourra, pour l’éternité, s’enorgueillir d’avoir fait entendre sa voix, sur le plan sportif pour compléter une action sur le terrain par une lutte armée de sept longues années et une autre sur le plan diplomatique.
En 1992, 1996 et 2000, Hassiba Boulmerka, Noureddine Morceli, Hocine Soltani et Nouria Benida-Merrah ont permis à l’hymne de ce pays de retentir et, à son drapeau d’être hissé dans la plus grande manifestation sportive de la planète, les Jeux olympiques. Ils ont été, en cela, les parfaits relais de l’équipe du FLN qui avait, en son temps, marqué de son empreinte et de son savoir-faire sur le terrain une période durant laquelle le peuple algérien se battait pour obtenir l’Indépendance de son pays. C’est cette équipe-là qui fêtera, le 12 avril 2008, les 50 années de son existence.
Dans le monde, on ne connaît pas d’exemple similaire, de sportifs qui ont milité, à leur manière, pour revendiquer le droit d’avoir un pays libre et indépendant. Concernant l’équipe du FLN, le fait était d’autant plus remarquable que nous avions affaire à des joueurs qui étaient à l’aise en France et qui auraient pu tourner le dos à l’appel du FLN pour ne pas briser leur carrière sportive.
L’équipe avait été créée en 1958, c’est-à-dire une année où la France sportive avait les yeux tournés vers la Suède où son équipe nationale s’apprêtait à disputer la Coupe du monde.
Dans cette équipe de France figuraient des Algériens comme Mustapha Zitouni, Rachid Mekhloufi, Abdelaziz Bentifour et Abderahmane Boubekeur qui ont préféré répondre aux sollicitations du FLN alors qu’une grande carrière sportive s’ouvrait devant eux.
C’est au lendemain du Congrès de la Soummam, en 1956, que le FLN prit la décision d’étendre son action au sport. Il avait créé deux grandes organisations de masse comme l’Union nationale des étudiants musulmans algériens et l’Union générale des travailleurs algériens et son souci avait été de mettre en place une équipe sportive, de football particulièrement, qui porte son nom et à travers laquelle il a fait porter son message d’indépendance du pays en profitant de l’aura du sport sur les populations.
C’est sous la direction de Mohamed Boumezrag, l’initiateur du projet et du responsable politique, Mohamed Allam, que cette équipe prit naissance en avril 1958.
La France s’était réveillée un jour de ce mois pour apprendre qu’un nombre important de joueurs algériens évoluant sur son sol, avait disparu dans la nature.
L’organisation pour faire évacuer ces joueurs avait été savamment menée. Ils devaient, dans un premier temps, rejoindre la Suisse puis l’Italie à partir de laquelle ils devaient prendre un bateau pour la Tunisie. Mais ce n’était pas facile et les joueurs avaient dû user de ruse pour détourner l’attention de leurs dirigeants de clubs puis de la police française.
D’autres ont pris des risques énormes comme Abderahmane Soukhane, Rachid Mekhloufi et Mohamed Maouche qui étaient, au moment de leur fuite vers la Suisse, sous les drapeaux français et étaient, donc, considérés, comme déserteurs. «Je savais ce que je risquais en répondant à l’appel du FLN, nous a dit Mohamed Maouche. Je jouais au Stade de Reims, le plus grand club français de l’époque et j’effectuais mon service militaire. Lorsque j’ai disparu, un premier groupe de joueurs avait déjà rejoint la Tunisie. C’est, donc, que la police française était sur les dents et nous traquait. C’est Maître Benabdallah qui m’avait chargé de prendre contact avec les derniers joueurs pour prendre le chemin de Tunis. J’avais, ainsi, pu approcher les frères Bouchache, Amara, Oualiken, Bouricha et Kerroum qui avaient tous accepté. Malheureusement, cela s’était mal passé pour moi au passage de la frontière au niveau du poste de Saint Louis-Bâle. Recherché par la police, j’avais été mis aux arrêts».
Cela s’était, également, mal passé pour Oualiken et Kerroum, toujours au poste frontière. «Nous n’étions pas recherchés mais on nous avait mis de côté pour vérification, nous a expliqué Mokrane Oualiken. A un certain moment, Kerroum et moi, voyant que l’on prenait trop de temps pour vérifier notre identité, nous avons demandé l’autorisation d’aller vers le café situé en face du poste de police pour nous restaurer. On nous a autorisés à le faire. Assis dans le café, nous nous sommes, alors, aperçus qu’il y avait une porte secondaire qui donnait directement dans le territoire suisse. Nous avons pris notre courage à deux mains et nous nous sommes éclipsés, abandonnant derrière nous nos papiers, nos affaires et notre voiture. Nous n’avons pas fait quelques centaines de mètres que nous avons été arrêtés par une patrouille suisse à laquelle nous avons décliné une identité selon laquelle nous étions des réfugiés politiques.»
L’équipe du FLN a disputé 58 matchs entre 1958 et 1962 pour 44 victoires, 10 nuls, 4 défaites, 246 buts marqués et 66 buts encaissés.
Sous la pression de la France, la Fifa avait interdit aux fédérations qui lui étaient affiliées de jouer contre elle. Mais de nombreuses nations ont fait fi des menaces de la Fifa et ont accueilli cette équipe.
On citera l’URSS (4 matchs contre des clubs), la Yougoslavie (5 matchs contre des clubs), la Tchécoslovaquie (4 matchs contre des clubs), la Roumanie (4 matchs contre des clubs), la Hongrie (4 matchs contre des clubs), la Bulgarie (6 matchs contre des clubs), la Chine populaire (5 matchs contre des clubs), le Nord-Vietnam (4 matchs contre des clubs), le Maroc (7 matchs contre des clubs), la Tunisie (4 matchs contre l’équipe de Tunisie), la Libye (2 matchs contre des clubs), l’Irak (6 matchs contre des clubs) et la Jordanie (3 matchs contre des clubs). Partout où elle était passée, elle avait enthousiasmé les foules et, en elle, le FLN avait trouvé un ambassadeur de tout premier choix. Elle restera à jamais l’image symbole d’une Algérie revendicatrice de son identité et de sa liberté.

Ahmed ACHOUR

L’équipe du FLN : Saïd Amara (Béziers), Mokhtar Arribi (Lens), Kaddour Bekhloufi (Monaco), Ali Benfadah (Angers), Abdelaziz Bentifour (Monaco), Abderrahmane Boubekeur (Monaco), Chérif Bouchache (Le Havre), Hocine Bouchache (Le Havre), Abdelhamid Bouchouk (Toulouse), Mohamed Bouricha (Nîmes), Hacène Bourtal ((Béziers), Saïd Brahimi (Toulouse), Hacène Chabri (Monaco), Dahmane Defnoune (Angers), Ali Doudou (Annaba), Saïd Haddad (Toulouse), Abderrahmane Ibrir (Toulouse), Smaïn Ibrir (Le Havre), Abdelhamid Kermali (Lyon), Abdelkrim Kerroum (Troyes), Mohamed Maouche (Reims), Abdelkader Maâzouza (Nîmes), Rachid Mekhloufi (Saint-Etienne), Mokrane Oualiken (Montpellier), Ahmed Oudjani (Lens), Amar Rouaï (Angers), Abdellah Settati (Bordeaux), Abderrahmane Soukhane (Le Havre), Mohamed Soukhane (Le Havre), Mustapha Zitouni (Monaco), Abdelhamid Zouba (Niort), Mohamed Boumezrag (initiateur de l’opération), Mohamed Allam (responsable politique).

in L'Expression Edition Online - 9 Avril 2008.

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