La veuve de Maurice Audin:

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La veuve de Maurice Audin:

Message  Jazairi le Dim 2 Mar - 1:58

“La France doit reconnaître tous ses crimes coloniaux,
c’est notre principale revendication»


Maurice Audin , 1932-1957

«La France doit reconnaître tous ses crimes coloniaux, c’est notre principale revendication», a déclaré à l’APS Josette, la veuve de Maurice Audin, militant de la cause nationale, mort sous la torture en 1957, à l’âge de 25 ans, dans les geôles françaises. Son corps n’a jamais été retrouvé et sa veuve ne cesse de le réclamer à l’Etat français.
La France n’a jamais admis sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin, enlevé par les parachutistes du tristement célèbre général Massu en 1957, durant la guerre de libération nationale, au plus fort de ce qui est appelé la «Bataille d’Alger», en réalité une campagne féroce d’enlèvements et de tortures qui a fait des dizaines de milliers de morts et de disparus, pour tenter de briser les réseaux du FLN dans la capitale. «Maurice se sentait Algérien et était donc solidaire avec le combat de ses compatriotes pour la liberté», a ajouté sa veuve jointe hier par téléphone, en affirmant qu’il a été tué «sous la torture, comme des milliers d’autres Algériens».
Une cérémonie de recueillement a été organisée hier et une gerbe de fleurs déposée au centre de la principale place d’Alger, qui porte justement le nom de ce mathématicien.
«Nous sommes en plein Alger, à la place Maurice-Audin, au milieu d’anciens camarades d’oncle Maurice. C’est très émouvant», disait le neveu de Mme Audin, M. Serge Grau, qui était présent à la cérémonie de recueillement par téléphone, en larmes, à Mme Josette Audin qui vit actuellement en France.
Un message a été lu à cette occasion, au nom de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), en hommage au «martyr Audin». «Le meilleur des hommages» est rendu par une «nation meurtrie au plus profond de sa chair», à ce martyr de la cause nationale, cinquante après sa mort. En février 2007, une «loi scélérate glorifiant la colonisation a été votée en France et l’on nous demande d’oublier le passé», rappelle le message de l’ONM, ajoutant : «Peut-on oublier les tortures ? les exécutions sommaires ? le génocide de centaines de milliers de martyrs ? les crimes contre l’humanité ?» «Tourner la page, oui ! La déchirer, jamais ! A l’Etat français de reconnaître ses crimes odieux et de demander pardon aux victimes», ajoute-t-il.
«Audin comme tous les autres disparus interpellent nos consciences pour que nul n’oublie et la place Maurice-Audin au cœur d’Alger sera toujours là pour raviver les plaies non cicatrisées», conclut le message.
Maurice Audin est né le 14 février 1932 en Tunisie. Assistant en mathématiques à l’université d’Alger, il était membre du Parti communiste algérien (PCA) et militait contre le colonialisme. «Le 11 juin 1957, des parachutistes français sont venus arrêter Maurice Audin» chez lui et l’armée française a, ensuite, prétendu qu’il s’était évadé au cours d’un transfert, ajoute-t-il.
Or, l’enquête faite par l’historien Pierre Vidal-Naquet dans son livre l’Affaire Audin, publié en mai 1958, confirme la mort de Maurice Audin lors d’une séance de torture, le 21 juin 1957, menée par un officier français des renseignements, le lieutenant Charbonnier. Le journaliste et historien Henri Alleg raconte dans son livre-témoignage la Question avoir rencontré Maurice Audin dans les geôles françaises.


A. R. (La Tribune)

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